Sous l’effet des taux bas, les banques en ligne se normalisent

Les Echos Logo 700Les banques en ligne, trublions du secteur dans les années 2000, ont pris un petit coup de vieux. Leur maîtres mots à l’époque étaient de casser les prix et d’encourager l’infidélité des clients. Ils rentrent désormais dans le rang. « Nous sommes d’anciens nouveaux entrants », constate-t-on chez Boursorama.

Il y cinq ans, Fortuneo, l’établissement en ligne de Crédit Mutuel Arkéa, drainait de l’épargne, mais n’était la banque principale que de 10 % de ses clients. Début 2016, cette proportion est passée à 40 %. Et désormais c’est un client sur deux qui utilise des services de banque au quotidien, domicilie des prélèvements ou fait circuler régulièrement des flux sur son compte. Pour s’installer durablement comme une banque principale, Fortuneo a d’ailleurs décidé de se lancer dans le crédit immobilier. Il est déjà proposé à certains clients et l’offre sera généralisée dans les prochaines semaines.

Du côté des tarifs, les banques en ligne peinent à tenir leur position. La gratuité de leurs services de banque au quotidien résiste mal à l’environnement de taux négatifs. ING Direct a été le premier à briser le tabou en France, en lançant, en avril, une offre accessible à tous, mais facturée 5 euros par mois. Boursorama, la banque en ligne du groupe Société Générale, lui a emboîté le pas en proposant, en septembre dernier, un compte bancaire baptisée « Welcome », sans conditions de revenus, destiné donc aux jeunes adultes, facturé 1,50 euro par mois. Orange Bank, qui va se lancer dans les prochains mois en France, promet d’être très bon marché, mais elle facturera tout de même ses services. Même la « néobanque » N26 (ex-Number26) a un temps opté pour un modèle payant, avant de finalement revenir au gratuit à condition que les clients utilisent régulièrement leur carte bancaire.

Le contexte de taux très bas a poussé à la normalisation des banques en ligne. Leur produit d’appel – les « super-livrets » – ont perdu tout attrait. Leur modèle économique, certes low cost, mais peu diversifié, a particulièrement souffert. « Notre stratégie est d’élargir notre cible de clientèle pour faire croître notre fonds de commerce et réaliser ainsi des économies d’échelle », explique le patron d’une banque en ligne. D’où la volonté de Boursorama de s’adresser aux jeunes (via Welcome) et à la clientèle des professionnels.

L’agilité et la créativité sont désormais à chercher surtout du côté des néobanques, mobiles et numériques. Comme leurs aînées au début des années 2000, leur modèle économique n’est pas encore établi et leur offre reste limitée.

La suite de l’article : Sous l’effet des taux bas, les banques en ligne se normalisent
Les Echos – 10/01/2017

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